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Préparation moteur

Le Garage FLAT 57 - SWS Stutzmann est le spécialiste mosellan de la préparation moteur qui permet l’augmentation de la puissance, et l’augmentation du couple moteur. Le garage vous propose l’optimisation électronique de vos moteurs.

914/6 "2.4S" : Belle santé !

Modèle préparé: 914/6 "2.4S"
Texte: Marc JOLY
Photographe: Marc JOLY
Chic, un essai de 914 ! Il y a longtemps que ça n’était plus arrivé, et on peut d’autant plus s’en réjouir que celle-ci est particulièrement digne d’intérêt. équipée d’un moteur 2.4 S et d’une boîte 915, elle représente un peu ce qu’aurait pu être la 914 si Porsche s’était donné un peu de mal.

Il y a une dizaine d’années, aux débuts de Flat six, la 914 faisait totalement partie de notre petit monde. Il y en avait une à presque chaque numéro, tout au plus tous les deux ou trois mois, et il y avait toujours à dire en ce qui la concerne. Les années ont passé, et il est clair que la 914 est restée dans l’ombre de ses aînées. L’actualité de la Porsche étant chaque mois plus développée, nous avons fini par espacer de plus en plus les reportages la concernant. Le sondage que nous avons fait auprès de nos lecteurs était d’ailleurs édifiant : visiblement, la 914 n’intéresse qu’une minorité d’entre vous. On ne peut s’empêcher, chaque fois que nous évoquons cette Porsche, d’avoir d’éternels regrets, déjà évoqués en d’autres temps. Il y avait tout pour que cette auto devienne une star, mais l’histoire n’en a pas voulu. Nous n’allons pas ici la réécrire, cette histoire parfois injuste, mais nous allons une nouvelle fois démontrer que cette Porsche avait ce qu’il fallait pour offrir un maximum de plaisir. On ne sera pas étonné d’apprendre que c’est à SWS que nous devons cette préparation, comme nous leur devons la plupart des 914 modifiées parues dans Flat six. Pourtant, quand vous allez à Spiesen, il n’y a plus jamais de 914, ni dans l’atelier, ni dans le show-room. Comme nous l’explique “Flavio” Stutzmann : “Le travail sur les 914 fait partie du passé de SWS. Cela remonte au début, lorsque les frères Wagner se passionnaient pour ce modèle, et l’ont déclinée en de multiples versions. Raymond aimait à travailler sur les moteurs, et les meilleurs moyens de les adapter aux 914, et Joachim aimait à les piloter. Leur acharnement à faire progresser la 914 les a amenés à réaliser un, puis deux modèles équipés de moteur V8, que tu as déjà essayé dans Flat six. Ils se sont faits connaître grâce à ça. Aujourd’hui, la maison a grandi et il y a longtemps qu’ils n’ont plus le temps de s’amuser avec les 914 !”.

Tout d’une 916

Ainsi, celle qui illustre ces pages, et qui appartient à Jean Desplousse, a été réalisée initialement il y a une bonne dizaine d’années : look, moteur, toit soudé, tout y était. Ca n’est que plus récemment, avant de vendre l’auto à Jean, que la décision a été prise de poser une boîte 915. Mais reprenons au début. On a parfois reproché à la 914 d’avoir une esthétique un peu “plate”. Pour lui rendre l’agressivité qu’elle n’a pas beaucoup à l’origine, la solution est pourtant simple : élargir les ailes, comme sur une 916 ! Non seulement l’allure s’en trouve sérieusement modifiée, mais en plus cela permet de passer des roues plus larges, et de rabaisser la caisse. Le résultat, comme on le voit ici, est toujours aussi saisissant. Franchement, ainsi équipée, la 914 est vraiment une belle auto, et nous ne sommes pas surpris que Jean Desplousse ait fini par en acheter une. Rappelez-vous : la Carrera 3.2 Speedster avec la coquille, c’est aussi Jean Desplousse (Flat n°76). Un vrai personnage, ce Jean, un des rares “poètes” qu’il nous est donné de croiser lors des concentrations du club Porsche de France, dont il est toujours un membre actif. Il a acheté cette 914 pour pouvoir réaliser quelques vieux rêves, comme, l’an passé, le Monte-Carlo historique, qu’il a disputé avec notre ami et collaborateur Christian Tahon. Si vous vous souvenez du récit que celui-ci avait fait paraître dans nos colonnes, Jean préfère nettement regarder le paysage plutôt que de lire la carte et calculer les moyennes. Il est ainsi fait, de même qu’il aime à participer au challenge Pirelli du club, tout en sachant qu’il est là pour se promener et qu’il sera dernier au classement. C’est comme ça qu’on l’aime, ne nous le changez surtout pas !

Pour revenir à sa 914, elle est donc équipée d’un moteur 2.4 S strictement de série en dehors d’un échappement un peu plus musical (ce qui n’est pas peu dire, quand on part d’une aussi belle musique d’origine !), délivrant précisément 192 ch après un passage au banc. Le gros morceau est constitué par la boîte. Il s’agit là d’un des gros points faibles de la 914. Montée à l’envers par rapport à une 911, la boîte 914 vieillissait mal. La seule solution, pour résoudre le problème, est de remonter une boîte neuve, ou, tel Hercule attaquant un 13ème travail, s’employer à lui offrir la boîte 915 de la 911 2.4. La tâche n’est pas simple. “Pour y arriver, nous avons franchement recopier la boîte de la 916, avec des pièces d’adaptation”. Côté freinage, si l’arrière est resté celui d’une 914/6, l’avant reçoit des pinces de 964, sur des disques de 3.2. Avec de bons Bilstein, et des jantes de 15’’, par 7 à l’avant et 8 à l’arrière, la belle 914 est bien campée sur ses Pirelli P Zéro C, montés le jour de notre reportage en vue d’une sortie sur le circuit de Lédenon.

Un vrai plaisir

Pour tout vous dire, c’est la deuxième fois que je roule dans cette auto. La première a eu lieu lorsque Christian Tahon a participé, en 1995, au Tour auto historique avec cette auto. Car cette 914 a une “histoire”. Après avoir été préparée par les frères Wagner, elle a participé à divers événements, avant de rester prostrée de longues années au fond du garage SWS, protégée par une bâche en plastique. Christian, attristé par cette inactivité, proposa alors de disputer un Tour auto avec elle, ce qui fut fait, au grand plaisir de Raymond Wagner, tout heureux de voir ressortir cette auto. A ce moment, l’auto n’avait pas encore sa boîte 915, et la boîte 914 n’a pas tenu le choc du Tour. Elle a bien vu la ligne d’arrivée, mais la pauvre n’en pouvait plus. Du coup, lorsque Jean Desplousse s’en porta acquéreur, en 1999, décision fut prise de monter une 915. Une bien belle idée. La preuve, elle a fait entièrement le Monte-Carlo sans aucun problème de ce côté, et j’ai eu la chance d’en reprendre le volant peu de temps après. La chance, car elle est du genre à distiller bien du plaisir. Dès les premiers mètres, dès les premiers virages, elle respire la santé, et provoque des montées d’adrénaline immédiates. Des odeurs, une musique, une vivacité, de la légèreté, une ambiance, tout y est pour provoquer le plaisir. Le comportement d’une 914, surtout ainsi équipée, étant exceptionnel, on se retrouve très vite à enrouler les virages les uns aux autres, en ayant chaque fois l’impression qu’on pourrait passer encore plus vite, tandis que le moteur semble ne jamais finir de prendre des tours et de chanter à l’infini. Ce plaisir intense a quand même son bémol : la pédale d’accélérateur est dure comme du bois, et n’offre aucune sensibilité au conducteur. C’est frustrant, car dès qu’on attaque sur une petite route, il est primordial d’avoir d’excellentes relations avec son freinage, ce qui paraît évident, mais aussi avec l’ensemble du pédalier. C’est lui qui engendre la confiance, et c’est elle qui permet de hausser le rythme. Ici, il existe un véritable point dur à l’accélérateur qu’il est très difficile de gérer. Très franchement, je me demande comment Christian et Jean ont fait pour disputer un Monte-Carlo très enneigé dans ces conditions ! Car si cette absence de dosage est déjà pénalisante sur routes sèches, on imagine ce que doit être une conduire sur neige ! Dommage, car pour le reste, tout n’est que plaisir et joie de vivre. Même que j’aurais bien signé pour un parcours plus long et encore plus sinueux ! La preuve qu’une 914 aurait pu ne rien avoir à envier à une 911 2.4. Mais il semble définitivement trop tard pour refaire l’histoire !